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Le blog d'Anaïs Guilbaud | Bloguez.com

France. La polémique continue (dossier Tchernobyl)

  : Ajouté le 30/6/2008 à 16:39

Article publié dans le magazine Valeurs Actuelles du 21 avril 2006.


La querelle scientifique sur l'étendue réelle des retombées de Tchernobyl dans l'Hexagone perdure.

 

Le 10 avril dernier, la Criirad (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité), proche des milieux écologistes, a adressé une lettre ouverte au gouvernement pour que cesse la "censure" sur les conséquences de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en France, et a demandé "l'établissement d'une chronologie complète et honnête de l'évaluation des retombées radioactives par les services officiels français".


En 2001, la Criirad, l'Association française des malades de la thyroïde (AFMT) et 51 malades ont déposé une plainte contre X au tribunal de grande instance de Paris pour "blessures involontaires". L'instruction, accompagnée d'une mission d'expertise, a entraîné la saisie de milliers de documents dans les ministères concernés. Le rapport, remis à la Justice en mars 2005, semble établir la volonté des autorités de minimiser les effets de la catastrophe. Il dénonce notamment le comportement du SCPRI (Service central de protection contre les rayons ionisants), qui n'aurait pas restitué toutes les informations en sa possession, passant notamment sous silence les niveaux de radioactivité les plus inquiétants. En avril 2005, la Criirad a ainsi demandé la mise en examen du Pr Pierre Pellerin, ancien directeur du SCPRI, pour qu'il s'explique sur ces dysfonctionnements.


Toutefois le rapport d'expertise ne permet pas de mettre en évidence un lien de causalité entre les pathologies thyroïdiennes et le passage du nuage radioactif sur l'Hexagone. Si l'on observe une réelle augmentation du nombre de cancers de la trhyroïde en France, il s'agit d'une évolution qui s'est amorcée il y a une trentaine d'années. Pour certains, comme la Snef (Société française d'énergie nucléaire), il n'existe donc aucune conséquence sanitaire connue due à Tchernobyl. L'an dernier, le juge Marie-Odile Bertella-Geffroy, chargée de l'instruction, a tout de même demandé une étude épidémiologique dans treize villages de Corse où de nombreux malades ont été recensés, pour tenter de savoir si la phénomène pouvait être lié à l'explosion de la centrale ukrainienne. D'autres enquêtes sont en cours.

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L'eau, source de guerre

  : Ajouté le 10/6/2008 à 18:30

Article publié dans le magazine Valeurs Actuelles du 14 avril 2006.

 

Les Nations unies avertissent: un tiers de l'humanité devrait manquer d'eau potable en 2025. 

Les tensions pour contrôler l'or bleu se multiplient.

 

Un tiers de l'humanité n'aura plus d'eau potable en 2025. Les Nations unies l'ont confirmé lors du dernier Forum mondial de l'eau à Mexico. Neuf pays (Brésil, Russie, Chine, Canada, Indonésie, Etats-Unis, Inde, Colombie et République Démocratique du Congo) possèdent 60% des réserves mondiales d'eau potable mais quatre-vingts autres souffrent de pénuries ponctuelles, même si, globalement, les réserves disponibles sont suffisantes pour tous. Les pays possédant de grandes ressources en eau peuvent aussi se retrouver en situation de stress hydrique, quand la demande dépasse la quantité disponible ou si l'eau est inaccessible ou polluée. C'est le cas en Chine.

 

Auteur de La guerre de l'eau aura-t-elle lieu? (éditions Johanet, 2004), Nguyen Tien-Duc estime que "l'eau unit les peuples". A condition qu'il y en a assez pour tous. En se raréfiant, elle devient un enjeu majeur.

 

L'Onu a recensé plus de 260 territoires, drainés par un cours d'eau et ses affluents, partagés entre au moins deux pays, et trois cents zones de conflits potentiels. Directeur général de l'Office international de l'eau, Jean-François Donzier a recensé pas moins de 1800 litiges liés aux bassins fluviaux.

 

En Afrique, le partage des eaux du Nil oppose la Soudan, l'Ethiopie et l'Egypte. L'Ethiopie, en amont, envisage la construction  de trente-six barrages. Dépendante des eaux du fleuve, l'Egypte s'oppose à ce projet. Le contrôle du fleuve Sénégal suscite des incidents de frontière entre la Mauritanie et le Sénégal. Le Mali veut reprendre le projet d'exploitation unilatérale du fleuve pour alimenter ses vallées asséchées, dans le centre du pays. Cette initiative priverait la Mauritanie d'une importante quantité d'eau. L'Algérie accuse la Libye de trop pomper dans ses nappes phréatiques pour alimenter le projet de fleuve artificiel voulu par Tripoli.

 

En Asie centrale, des négociations ont commencé sur le contrôle de l'Amou-Daria et du Syr-Daria. Le Tadjikistan et le Kirghizistan pompent d'énormes quantités d'eau pour leurs cultures intensives de coton. Le Kazakhstan, l'Ouzbékistan et le Turkménistan sont lésés. La construction de deux grands barrages par le Tadjikistan a ravivé les tensions.

 

Le Moyen-Orient est une des principales zones à risque avec la question du partage des eaux du Jourdain, au coeur du conflit israélo-arabe. "Au cours des cinquante dernières années, on s'est battu pour l'eau trente-sept fois, dont vingt-sept fois concernaient Israël et la Syrie, à propos du Jourdain et du Yarmouk", rappelle le géographe américain Aaron Wolf. Dans cette  région,  87% des eaux collectées en zones transfrontalières sont destinées à Israël. Plus à l'est, la Turquie projette de contrôler les eaux du Tigre et de l'Euphrate, très en amont, ce qui ne peut que menacer la Syrie et l'Irak.


En Asie du Sud-Est, le Mékong (4500 kilomètres de long) est le principal facteur de tensions. Les projets de barrages hydroélectriques en Chine (où le fleuve prend sa source) et au Laos, inquiètent les pays situés en aval. Au Vietnam et en Thaïlande, toute baisse du débit menacerait l'irrigation. Au Cambodge, le lac Tonle Sap, vital pour la pêche et l'agriculture, s'appauvrirait, privé des crues et décrues nourricières du fleuve.


Sur le continent américain, des négociations sont en cours entre les Etats-Unis et le Mexique qui dénonce une surexploitation du fleuve Colorado, tandis que les Américains accusent les Mexicains de polluer le Rio Grande. Plus au sud, la fièvre monte au sujet de la nappe du Guarani, la troisième réserve souterraine d'eau douce du monde (1,2 million de kilomètres carrés). Le Brésil, l'Argentine et le Paraguay se la partagent. Des groupes industriels, notamment américains, la convoitent.


L'une des agences de l'Onu, le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), est chargée d'aider à trouver des compromis. Elle a ouvert en 2005 la décennie baptisée "L'eau pour la vie, l'eau pour tous". Objectif: diviser par deux le nombre de personnes n'ayant pas accès à l'eau potable d'ici à 2015. La "barre vitale" est fixée à quinze litres par personne et par jour.



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Cinéma parisien

  : Ajouté le 10/6/2008 à 17:50

Article publié dans le magazine Valeurs Actuelles du 14 avril 2006.

 

S’asseoir aux « Deux-Moulins » comme Amélie Poulain, enquêter au Louvre comme le héros du « Da Vinci Code »…
Quand la réalité prolonge la fiction.


Paris romanesque dans Un Américain à Paris, pittoresque dans Hôtel du Nord, ou lieu de tension dans Paris brûle-t-il ? Jusqu’au 30 juin, l’exposition « Paris au cinéma » rend hommage à la capitale comme décor, souvent fantasmé, du grand écran.


La toile peut transformer un endroit anodin en lieu culte, attirant la curiosité de cinéphiles et touristes, pouvant ensuite se vanter d’être allés sur les lieux d’une intrigue cinématographique. C’est ce qu’est en train de vivre le Bar des Théâtres, effet Fauteuils d’orchestre oblige. Point de rencontre de personnalités du spectacle et de la mode, réputé pour son steak tartare, il n’avait pas vraiment besoin de ce regain de notoriété. Pour Jean-Jacques, le patron, la clientèle est restée la même, seulement augmentée de quelques amateurs du film.


De toute évidence, la curiosité qui pousse certains Parisiens à venir découvrir l’endroit n’en fait pas des habitués potentiels ! Le phénomène va s’essouffler, mais le tournage du film de Danièle Thompson, elle-même cliente, restera une agréable expérience pour tous.


C’est tout le contraire au café Les Deux-Moulins, mondialement connu depuis le Fabuleux destin d’Amélie Poulain. Six ans après la sortie du film, le lieu attire une foule de touristes, qui représentent…80% de sa clientèle ! Ce sont eux qui font tourner le commerce : des cars entiers de visiteurs s’arrêtent, immortalisent le lieu et repartent. Impossible de rester plus d’un quart d’heure dans le café sans apercevoir un flash.


A l’intérieur, on se photographie surtout sous la grande affiche du film. En raison de sa ressemblance avec Audrey Tautou, Mélanie, serveuse depuis trois mois, subit également cette frénésie photographique. Les touristes défilent et les jeunes Asiatiques sont très nombreux. Beaucoup s’assoient à une table, dans un décor resté tel qu’on peut le voit dans le film (seul le tabac a disparu), et commandent un cappuccino ou la crème brûlée d’Amélie. Le rituel est important : certains vont jusqu’à imiter leur héroïne en cassant la croûte de la fameuse crème brûlée avec le dos de la petite cuillère. Plus insolite, tout l’impact du film culte est visible sur les murs des toilettes. Ils sont devenus le terrain d’expression des clients de passage, qui y laissent une signature ou un message d’amitié, bien souvent adressé à Amélie.


Mélanie avoue que tout ce remue-ménage peut parfois être oppressant, mais elle s’y habitue.


Ce phénomène de curiosité, cette volonté de voir en vrai un lieu fantasmé ou de faire « comme au cinéma », n’est pas nouveau. L’Hôtel du Nord, rendu célèbre par le film du même nom réalisé par Marcel Carné en 1938, a également bénéficié de cette forme de culte. Fermé en 1986, c’est à la sollicitation répétée de Parisiens, habitués des lieux ou amateurs du film, qu’il doit d’avoir rouvert ses portes en 1993. Bien qu’il ne s’agisse plus d’un hôtel aujourd’hui, sa façade, classée monument historique grâce à la renommée du film, est toujours la même.


Devenu bar-restaurant, on peut venir y apprécier une fin d’après-midi sur les bords du canal Saint-Martin. Dire que la fréquentation actuelle est conséquence du film serait abusif, car ce classique appartient à une autre époque. « Mais les gens savent qu’il y a quelque chose de culte dans ce lieu » assure Danièle, une employée.

 

Les « Da Vinci tours » se sont multipliés
La folie Da Vinci Code anime en revanche plusieurs arrondissements de la capitale. Vendu à plus de 25 millions dÂ’exemplaires dans le monde, le roman de Dan Brown a poussé de nombreux lecteurs à entamer un pèlerinage sur les traces du héros, le professeur Langdon. Au Louvre, la Grande Galerie, où se joue le crime initial de lÂ’intrigue, et la pyramide inversée sont devenus  incontournables. Viennent ensuite la rue de Rivoli, les Champs-Elysées, le Ritz, l’église Saint-Sulpice et les quais de la Seine. Sans oublier le méridien de Paris, matérialisé par 135 médaillons de bronze à travers la capitale, à suivre dÂ’après les commentaires de Langdon. Les agences de voyages américaines qui ont eu lÂ’ingénieuse idée de concevoir des « Da Vinci tours » ne sÂ’y sont pas trompées.


L’église Saint-Sulpice, censée renfermer le prieuré de Sion dans la fiction, est devenue un passage obligé pour ces accros d’ésotérisme.


Accueillant, en moyenne, entre 60000 et 70000 visiteurs par an, le lieu est désormais arpenté par près de 150000 curieux. Certains même, n’hésitent pas à venir avec un guide qui les amène directement aux endroits cités dans le livre.


Les guides français référencés sur le site de lÂ’office de tourisme de Paris sont dÂ’ailleurs de plus en plus nombreux à proposer leur propre circuit autour dÂ’un thème du Da Vinci Code.  Les  formules sont nombreuses pour les touristes, majoritairement américains : visite commentée du Louvre ou circuits pédestres ou en car, permettant de découvrir tous les lieux décrits dans le roman. Le phénomène ne risque pas de sÂ’essouffler de sitôt. La sortie du film, le 17 mai, promet une arrivée massive de ces pèlerins dÂ’un nouveau genre.


 

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Mes articles, mes rapports... Fraîchement diplômée en géopolitique (après avoir fait de l'histoire), j'espère faire mon chemin dans le milieu du journalisme. Actuellement à la recherche d'un contrat de professionnalisation dans la presse, ce blog a pour vocation de donner un aperçu de ce que j'ai déjà écrit.

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